Thursday, September 17, 2009

LES DÉCHETS TOXIQUES DU PROBO KOALA ONT CAUSÉ DES DÉCÈS - RAPPORT

Objet : CÔTE D';IVOIRE : LES DÉCHETS TOXIQUES DU PROBO KOALA ONT CAUSÉ DES
DÉCÈS - RAPPORT

CÔTE D';IVOIRE : LES DÉCHETS TOXIQUES DU PROBO KOALA ONT CAUSÉ DES DÉCÈS -
RAPPORT
New York, Sep 16 2009 5:50PM
Il y a suffisamment de preuves pour affirmer que le déversement en Côte
d';Ivoire de déchets toxiques par un navire en 2006 aurait causé plus d';une
dizaine de morts et rendu malades des dizaines de gens dans ce pays, a
déclaré mercredi un expert indépendant auprès des Nations Unies.

En août 2006, 500 tonnes de déchets toxiques appartenant à la société
néerlandaise Trafigura avaient été déversés par le cargo Probo Koala sur
plusieurs sites de la région d';Abidjan. Selon des sources officielles, ces
déchets toxiques auraient entraîné 15 décès, l';hospitalisation de 69
personnes et plus 108.000 consultations médicales.

« Nous ne savons pas, et nous ne serons peut-être jamais, le plein effet du
déversement de 500 tonnes de déchets toxiques en Côte d';Ivoire », a déclaré
l';expert Okechukwu Ibeanu dans un communiqué. « Mais de prime abord, il
semble qu';il y ait des preuves que les décès et les effets sur la santé
signalés sont liés au déversement de déchets par le cargo Probo Koala. »

M. Ibeanu, qui est le rapporteur spécial du Conseil des droits de l';homme
de l';ONU sur les conséquences néfastes des mouvements et déversements
illicites de produits et déchets toxiques et nocifs pour la jouissance des
droits de l';homme, a effectué des visites aux Pays-Bas et en Côte d';Ivoire
avant d';émettre ses conclusions et recommandations.

Il a encouragé toutes les parties concernées à prendre les mesures
nécessaires pour « répondre aux effets à long terme de l';incident,
notamment sur la santé et l';environnement ». « De plus amples mesures
devraient êtres prises pour protéger le droit à la vie, le droit à jouir du
plus haut niveau de santé physique et mentale, et le droit à un
environnement sain des victimes de la tragédie et de leurs familles »,
a-t-il ajouté.

Des procédures légales sont en cours aux Pays Bas et au Royaume Uni
concernant la composition exacte et la nature toxique des déchets en
question.
Sep 16 2009 5:50PM
________________

Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus
d'information http://www.un.org/french/newscentre/

Monday, March 30, 2009

APRES LA TRAGEDIE DU STADE

Les familles identifient le corps de leurs parents
Tout sur l’ambiance à IVOSEP

mardi 31 mars 2009 par
Y.DOUMBIA



Hier, à IVOSEP (Ivoirienne de Sépulture) où nous nous sommes rendus pour identifier ces 19 morts, l’ambiance était des plus mornes. Parents se couchant à même le sol pour crier leur douleur, amis se lamentant sur le sort de leurs camarades tombés au stade, étaient les images insoutenables qu’on voyait passer, au fur et à mesure que des morts étaient identifiés. " Depuis hier, notre fils n’est pas rentré et aujourd’hui, nous avons découvert ici son corps ", relatent, en larmes, des parents de Touré Aboubacar, 17 ans et élève en classe de 3è, décédé à la suite des bousculades du " Félicia ". Devant comme à l’intérieur d’IVOSEP, les parents ne cessaient de défiler pour savoir si parmi les corps logés dans les chambres froides, figure celui de leur progéniture, époux, frère, cousin, ami ou connaissances. Munis, pour certains, de photos, pour d’autres, d’extraits d’acte de naissance, ces parents s’adressaient aux responsables des lieux pour confirmer ou infirmer le décès de celui qui a quitté le domicile et dont ils n’ont plus eu de nouvelles. La grande sœur de Klohi Ephrayim Abdias, introduite dans l’enceinte d’IVOSEP, en ressort en pleurs. Elle se jette sur le macadam et commence à soupirer. Son petit frère, en lui disant hier qu’il allait supporter les Eléphants, prenait, sans le savoir, rendez-vous avec la mort. C’est dans l’un des casiers d’IVOSEP qu’elle le retrouve. La douleur des parents va s’accroître lorsqu’ils entendent dire par le procureur Diakité, que les morts subiront une autopsie. Un autre choc, vite étouffé par les explications du substitut du procureur. Les musulmans qui voulaient le corps de leurs parents pour une inhumation rapide, comme l’exige la tradition islamique, ont été priés d’abandonner les corps à l’Etat, le temps pour le Pr. Etté, médecin légiste, de déterminer les causes du décès. " L’Etat a décidé de faire une autopsie. C’est forcément nécessaire. Nous allons commencer par les corps musulmans. Les corps ne seront pas endommagés et vous pourrez les récupérer dans les 72 heures qui suivent. On est obligé de le faire et vous pouvez assister à l’autopsie si vous le souhaitez ", a tenté de rassurer le procureur. Cette déclaration du procureur a refroidi des parents qui pensaient pouvoir récupérer sur le champ le corps de leurs enfants.

ENCADRE 1 : ACCIDENT AU FELICIA Le nombre de morts à la hausse ?

Combien de mort y a-t-il exactement eu à la suite des événements malheureux du Felicia ? Si les sources officielles annoncent 19 morts, des sources officieuses annoncent plus. En effet, hier à IVOSEP, nous avons pu surprendre une conversation des parents de victimes, qui auraient saisi une conversion de source militaire disant qu’il y aurait eu 56 morts. Des parents à la recherche de leurs enfants ont affirmé qu’il y a eu des morts à HMA (Hôpital Militaire d’Abidjan) où une bonne partie des blessés a été évacuée. Vrai ou faux ? Difficile de confirmer ou d’infirmer l’information, au regard du dispositif musclé mis en place à l’Hôpital Militaire d’Abidjan. Là-bas, c’est motus et bouche cousue. Le dispositif mis en place n’a pas permis d’en savoir davantage. Une autre source militaire nous a annoncé qu’il y aurait eu 30 morts. En tout cas, les supputations vont bon train et nous n’avons pu avoir que les noms de 18 morts.

Y.DOUMBIA

ENCADRE 2 :
La liste des morts Hier, nous avons pu avoir la liste de 18 morts à l’IVOSEP.

1)-Touré Aboubacar : 17 ans, élève en classe de 3è 2)-Diabaté Ibrahim : 36 ans, chauffeur 3)-Kouyaté Djanguiné : 14 ans, élève en classe de 5è 4)-Kanaté Yacouba : 22 ans, étudiant à l’INJS 5)-Koumaré Mamadou : 20 ans, vendeur 6)-Berté Mamadou : 29 ans, couturier 7)-Klohi Ephrayim Abdias : 19 ans, sans emploi Cool-N’Goran Koffi Fabrice : environ 24 ans 9)-Doumbia Séa : 12 ans 10)-Koukougnon Noël : 37 ans 11)-Ziéhi Wéi Patrice : 35 ans 12)-Kouamé César : âge indéterminé, couturier Toit rouge 13)-Dicko Assamoi Richmond : 34 ans 14)-Fofana Brahima : 24 ans 15)-Koua Brou Blaise : 40 ans 16)-Ouattara Issouf : 40 ans, résidant à Anoumabo 17)-Zaouli Bi Cédric : entre 10 et 12 ans 1Cool-Bamba Kafoumba :

ENCADRE 3 : Le témoignage des blessés

Hier, au CHU de Treichville, les victimes blessées du stade Félix Houphouët Boigny ont fait des témoignages. Ils mettent en cause la cupidité des Forces de l’ordre commis à la sécurité des lieux. Ces derniers, selon eux, n’hésitaient pas à prendre de l’argent avec les supporters qui n’avaient pas de tickets, pour leur céder le passage. Cela a occasionné une montée de tension qui a abouti aux bousculades...

Batenié Oté Edouard Fracture interne jambe gauche Ce sont des bousculades dues au gaz lacrymogène jeté par les policiers dans la foule. On était au niveau de la tribune latérale A. J’ai un ticket de 2000 FCFA. On était dans le rang et, non loin de nous, se trouvaient les supporters qui ont payé 1000 FCFA et 500 FCFA. Ceux-là étaient plus nombreux et pendant que nous étions dans le rang, ils ont forcé. Ils sont tombés avec le portail, puisque les gens ne voulaient pas ouvrir. C’est après cela que la Police a commencé à les gazer pour les disperser. Cela a créé encore beaucoup plus de trouble. Ceux-là sont venus vers nous. Nous étions déjà dans l’enceinte du stade. On était déjà dans les escaliers et après on est redescendu en tombant cette fois-ci. Il y a eu plus de monde, beaucoup plus de tickets vendus que de places. On avait des tickets et on ne pouvait pas entrer Légende : Batenié Oté Edouard doit subir une opération chirurgicale

Koné Zana Fracture du fémur J’ai payé mon ticket depuis le vendredi et je me suis rendu au terrain. Nous sommes arrivés au stade à. On voulait rentrer et ils ont fermé le portail. Quand ils ont ouvert le portail, dans les escaliers, les gens nous ont poussé. Je suis tombé et les gens ont marché sur moi pour casser mon pied. J’ai également le poignet déplacé Légende : ce solide garçon devra utiliser une béquille pendant longtemps

Koné Drissa Traumatisme du Rachis dorsolombaire, oreille gauche arrachée et éraflures cutanées

On était dans le rang et il était tellement long que ceux qui avaient des tickets n’allaient pas rentrer. Ça rentrait en business. Quand tu donnes 500 ou 1000 FCFA aux policiers, on te fait passer. Ça se passait comme ça jusqu’à 15h. Avec le monde, on se demandait si on allait rentrer à 17h. Les gens ont forcé la porte et moi, je me suis joint à eux. En forçant, je suis tombé et les gens ont marché sur moi. C’est comme ça que j’ai été blessé.Propos recueillis par Y.DOUMBIA

ENCADRE 4 :
66 BLESSES AUX URGENCES CHIRURGICALES DU CHU DE TREICHVILLE 1 cas grave au CHU de Yopougon

Aux urgences chirurgicales du CHU de Treichville, notre équipe de reportage a pu visiter les malades du drame du Félicia et rencontré le Pr. Gnagne Yadou Maurice, chef de service des urgences chirurgicales. Selon lui, son service a reçu le dimanche soir 55 blessés adultes et 5 blessés enfants (entre 10 et 14 ans) transférés, eux, en pédiatrie. Hier matin, précise-t-il, il y a eu 6 blessés qui ont été internés. " Ces six blessés étaient à la maison, et aujourd’hui (hier) leurs parents sont venus ici avec eux ", a-t-il déclaré. Le Pr. Gnagne Yadou Maurice a, par ailleurs, relevé que le CHU de Treichville dispose d’un plan d’urgence qu’il réactive chaque fois qu’il y a des catastrophes naturelles et des drames à grande échelle. " Dès qu’il y a un problème, on active notre structure d’urgence. Les moyens internes mobilisés sont estimés à un million cent mille (1.100.000) FCFA dépensés dans l’achat des médicaments de première nécessité. Cela a permis de soigner les malades et préparer les interventions chirurgicales ", a-t-il déclaré. La cellule présidentielle chargée des catastrophes, a-t-il révélé, prendra en compte les cas d’intervention chirurgicale. " La cellule a pris les ordonnances pour les payer. Le matériel sera livré. Hier nuit, la FIF (Fédération Ivoirienne de Football) a pris en charge, à partir de 19h, tous les soins de ceux qui avaient des ordonnances. On leur a demandé d’aller prendre les médicaments à la pharmacie Mégane. Les autres malades sont mis en état d’observation ", a-t-il précisé. Pour finir, il a relevé l’existence d’un malade atteint de traumatisme crânien qui a été évacué au service de neurologie du CHU de Yopougon.

Y.DOUMBIA

Wednesday, January 17, 2007

Clean Abidjan Project

Friday, November 24, 2006

Rapport d’enquête sur le "proboKoala" - De la suspension au limogeage

vendredi 24 novembre 2006 - Par Le Patriote


© Abidjan.net par EmmaM. Koné Mamadou s`est rendu à la prison civile d`Abidjan (Maca) le jeudi 16 novembre 2006, en vue de rendre visite aux personnes qui y sont incarcérées dans le cadre de l`affaire des déchets toxiques. Le ministre s`entretient ici avec les responsables de la société Trafigura et les douaniers.les résultats de l’enquête sur le scandale des déchets toxiques sont désormais entre les mains du Premier ministre. Le moment des décisions est arrivé.C’est désormais établi. Gossio Marcel, Gnamien Konan, Amondji Pierre, Tibé Bi Balou et Anaky Kobena sont tous responsables dans le scandale du déversement des déchets toxiques à Abidjan, le 19 Août dernier et qui a occasionné une dizaine de morts et plusieurs centaines d’intoxiqués. La Commission nationale d’enquête, mise sur pied par le Premier ministre et présidée par le magistrat hors hiérarchie Fatou Diakité a rendu, avant-hier mercredi, les résultats de ses travaux. Le rapport présenté par la présidente de la commission met en cause pour « manquements graves » dans l’exercice de leurs fonctions MM. Gossio Marcel, Directeur général du Port autonome d’Abidjan, le Colonel major Gnamien Konan, Directeur des douanes, Amondji Pierre, Gouverneur du district d’Abidjan, le Colonel Tibé Bi Balou, Directeur des Affaires maritimes et portuaires et Anaky Kobena, ex ministre des Transports. Dans cette affaire qui a défrayé les chroniques abidjanaises, les sanctions se sont abattues avant la fin des travaux de la commission d’enquête. Le colonel Tibé Bi Balou qui avait déjà perdu son poste croupit à la MACA. Anaky Kobenan a été sorti du gouvernement à la faveur du remaniement qui a suivi la démission et la reconduction du Premier ministre Charles Konan Banny début septembre dernier. Dans son adresse à la nation, le 14 septembre, le chef du gouvernement suspendait de leur fonction MM. Gossio Marcel, Gnamien Konan et Amondji Pierre. Depuis lors, ceux-ci sont sous le coup de cette suspension administrative. Mais, depuis avant-hier, une nouvelle donne s’est ajoutée dans l’établissement de la vérité avec la publication du rapport de la Commission nationale d’enquête. Maintenant, la responsabilité des patrons des différentes administrations a été établie. Le Premier ministre doit aller au-delà de la simple suspension. Les fautifs doivent être purement et simplement révoqués. Lors de la réception du rapport, mercredi dernier, le Premier ministre a annoncé la fin de l’impunité. « Nous devons rompre avec l’impunité pour renouer avec la notion de bonne gouvernance. La République, pour être viable doit se nourrir, de justice, d’équité et de responsabilité. Il appartient au gouvernement et aux plus hautes autorités de ce pays de donner la suite administrative et judiciaire », a-t-il annoncé. Cette suite administrative recommande que, à l’instar du colonel Tibé Bi Balou et du ministre Anaky, MM. Gossio, Gnamien et Amondji cèdent leur place à d’autres qui ont un sens plus élevé de leur devoir.

Ferdinand YAO

Suspension du Gouverneur Amondji: Le conseil du District d’Abidjan met en garde Banny

vendredi 24 novembre 2006 - Par Notre Voie

C'est aujourd’hui que prend fin la mesure de suspension du gouverneur du District d'Abidjan, M. Pierre Djedji Amondji. C'est à ce titre que le conseil du district d'Abidjan a mis en garde mardi dernier, à l'Hôtel du district d'Abidjan, la tutelle (le ministère de l'Administration territoriale) et le Premier ministre Charles Konan Banny afin d’éviter une troisième suspension consécutive du gouverneur Amondji. Bayéto Patrice (le secrétaire général du bureau du conseil), le vice-gouverneur Danho Emile, les conseillers Danho Eléonore, Bouazo et Kouakou Mathieu ont à ce sujet animé une conférence de presse. Pour tous ces conférenciers, le personnel du district a géré socialement la crise. Pour eux, il faut maintenant la gérer autrement. “Nous avons choisi la voie pacifique parce que nous avions eu confiance en nos institutions. Nous allons agir désormais autrement. Nous ne permettrons pas la déliquescence de notre institution. Les choses prendront fin. Nous réagirions de façon graduelle. Il faut éviter que les abus s'accumulent”, a indiqué M. Bayeto Patrice.Tous ont vivement souhaité le retour du gouverneur Amondji et le fonctionnement normal du District d'Abidjan. Pour eux, il est impensable que, le gouverneur Amondji, celui-ci ne puisse ne pas être réhabilité. S'agissant de la rumeur qui court, selon laquelle M. Amondji a été suspendu pour la troisième fois consécutive, Bayeto Patrice affirme qu'il n'en est rien et que cette mesure ne concerne pas le District d'Abidjan. Pour préserver la paix sociale en évitant une autre mesure défavorable au gouverneur Amondji, source de désordre et de remous, les conférenciers se sont opposés à une autre tentative de division des Ivoiriens au sein des structures décentralisées dont le district d'Abidjan. Ils ont appelé au respect des textes par les gouvernants et les gouvernés et se sont enfin réservé le droit d'agir avec fermeté pour la réhabilitation du gouverneur Amondji et le retour de l'ordre institutionnel au district d'Abidjan.

Charles Bédé

Thursday, November 23, 2006

Conclusions d'enquetes: Dechets Toxiques

CÔTE D'IVOIRE - 22 novembre 2006 - AFP Une cascades de dysfonctionnements, négligences et complicités administratives ont permis le déversement des déchets toxiques mortels dans la ville d'Abidjan, souligne le rapport d'enquête de la Commission nationale sur les déchets toxiques mandatée par le gouvernement, publié lundi. "La commission a relevé des dysfonctionnements et insuffisances de l'administration à plusieurs niveaux" qui "ont permis le déversement des déchets toxiques dans le district d'Abidjan", a indiqué ce rapport lu à la presse par la présidente de la Commission, la magistrate Fatoumata Diakité. Accablant pour la plupart des administrations concernées par ce scandale, le rapport dénonce notamment la "complicité notoire" des dirigeants du Port autonome d'Abidjan (PAA) qui a permis "le déversement des déchets toxiques" puis "le départ d'Abidjan du navire Probo Koala" qui les avait amenés. "Les autorités portuaires ont failli à leur mission, notamment le directeur général du port, Marcel Gossio", souligne le rapport. Il estime que la société Tommy, qui a déversé les déchets, a bénéficié de la "bienveillante protection" des autorités portuaires pour obtenir le contrat de déchargement des quelque 500 tonnes de déchets toxiques du Probo Koala, "alors qu'elle n'avait ni l'agrément ni les compétences" pour le faire. Le rapport relève également les "manquements" du directeur des Affaires maritimes de l'époque, Tibé Bi Ballou, et du ministre des Transports, Anaky Kobena, qui ont signé l'agrément de Tommy sans respecter les procédures. Il souligne également les "dysfonctionnements" des Douanes, qui n'ont pas contrôlé le Probo Koala, et les négligences de leur directeur général, Gnamien Konan, qui ont "contribué au déversement des déchets toxiques". Il note également la "surprenante indifférence" des responsables du district d'Abidjan, notamment son gouverneur Pierre Amondji, qui ont laissé les camions citernes affrétés par Tommy déverser les déchets toxiques en pleine ville. Le rapport met en cause à un degré moindre le ministère de l'Environnement et le centre antipollution (Ciapol), qui "se sont investi dans la gestion de la crise mais ont failli à leur devoir de veille" environnementale au départ. La commission a déploré en conclusion les "insuffisances", la "gestion approximative", la "méconnaissance", la "primauté de l'intérêt particulier sur l'intérêt général", le "manque de déontologie" et la "volonté manifeste" de violer les règles observés dans les administrations mises en cause. MM. Gossio, Konan et Amondji, considérés comme des proches du président Laurent Gbagbo, ont été suspendus de leurs fonctions à la mi-septembre par le Premier ministre Charles Konan Banny. Anaky Kobena, membre de l'opposition, a été écarté du gouvernement. Tibé Bi Ballou a lui été incarcéré à la maison d'arrêt d'Abidjan. Ce texte, qui avait pour but d'établir les responsabilités administratives dans cette affaire, souligne également au passage les larges responsabilités des entreprises impliquées dans cette affaire. Tommy, qui "a toutes les apparences de la société écran créée" pour cette opération, "est l'auteur principal du déversement des déchets", note-t-il. Le rapport reconnaît que Trafigura a prévenu les autorités locales de la toxicité des déchets, mais qu'elle n'a pas respecté la convention de Bâle sur le transport des déchets dangereux et "ne pouvait ignorer l'incapacité technique de la Côte d'Ivoire" à les traiter. La filiale locale de Trafigura, Puma Energie, a elle joué "un rôle déterminant dans le déversement des déchets toxiques", note-t-il. Les émanations des déchets toxiques, déversés dans la nuit du 19 au 20 août, ont provoqué la mort de dix personnes.

Sunday, November 12, 2006

DOSSIER :AFFAIRE ‘’RIZ CONTAMINE AU PORT D’ABIDJAN’’

Le rapport du CIAPOL qui dit tout
Le silence troublant du gouvernementlundi 13 novembre 2006 par Charles TRA BI


Après l’affaire des déchets toxiques, voici une autre sale affaire, celle de riz contaminé acheminé par un bateau, qui met sur la sellette, une fois de plus, le Port autonome d’Abidjan.
C’est le quotidien ‘’24heures’’qui, dans sa parution du 9 novembre 2006, donne l’information. “Un bateau chinois sème la mort au Port d’Abidjan ”, avait révélé le confrère, précisant que le navire était arrivé au Port autonome d’Abidjan avec une cargaison de 700 tonnes de riz contaminé, qui a causé la mort d’au moins une personne et contaminé d’autres individus qui ont été hospitalisés. L’ambassade de la République populaire de Chine en Côte d’Ivoire, qui a pris l’affaire au sérieux, a, dans un courrier adressé à des quotidiens ivoiriens, éclairé l’opinion nationale et internationale sur le fait que c’est plutôt un bateau grec, dont le propriétaire est la société mixte (allemande et greque), Destino Dos navigation LT.D. Valletta, qui est à l’origine des tonnes de riz venues de deux ports de Chine (Dalian et Nanjing). “ Entre la Chine et la Côte d’Ivoire, l’amitié s’avère sincère, primordiale et perpétuelle ”, a rassuré l’ambassade de Chine, qui a joint à son courrier, dont nous avons reçu copie en fin de semaine dernière, un fichier d’informations relatives au bateau grec. Dans un rapport à l’attention du ministre de l’Environnement et des Eaux et forêts, note qui nous a été acheminée par une source proche du dossier, le directeur général du Centre ivoirien anti-pollution (Ciapol), M. Doh André, informé par le Port Autonome d’Abidjan (P.a.a) et la direction générale des Affaires maritimes et portuaires (Dgamp) sur l’affaire de riz contaminé, a désigné, le 3 novembre 2006, une équipe du Ciapol conduite par le docteur Ouffoué Koffi Sébastien, sous-directeur du laboratoire central de l’environnement, à se rendre au quai 18 du Port autonome d’Abidjan. L’équipe constituée par le Dg du Ciapol était composée du docteur Ouffoué, du major Pana Ké, Chef de service (Unipol/Ciapol), de Boni Juste Géraud, agent de police antipollution, de Gbika Gbaré Hubert, technicien chimiste et de Poto Allain, technicien Chimiste. Cette équipe a bénéficié de l’appui de deux huissiers. La mission a porté essentiellement sur la visite du navire, des questionnaires aux consignataires et aux dockers, des prises de vue (photos + films), le prélèvements de riz (sac) dans les différentes cales, des mesures de H2S à l’aide d’appareil Drager et des prélèvements de slops. Selon l’équipe du Ciapol, l’affaire de riz contaminé acheminé à Abidjan est bien le fait d’un navire M/V Destino Dos battant Pavillon maltais et transportant précisément 13.772 tonnes de riz à décharger à Abidjan. C’est au cours des opérations de déchargement, qui ont démarré le mercredi 1er novembre 2006, à 19 heures, et achevé aux environs de minuit, qu’un docker qui travaillait dans la cale a ressenti un malaise et en est mort aussitôt à bord. Il s’agit de M. Coulibaly Sanou. Dans la nuit du 2 au 3 novembre 2006, rapporte le Ciapol, deux autres cas de malaise ont été signalés dont un marin du navire et un docker. Dans la journée du 3 novembre 2006, de nouveaux cas de malaise ont été signalés, un dans le magasin de stockage et un treiliste. Tous ces cas de malaise proviendraient de la cale No 5. Face à cette situation, indique le rapport du Ciapol, les dockers ont observé un arrêt de travail, le 3 novembre 2006, et la société de consignation a alerté les autorités ivoiriennes. A la suite, cinq (05) échantillons de riz ont été prélevés dans les différentes cales, soit un sac par cale. Ces échantillons serviront à des analyses plus approfondies et contre analyses en cas de nécessité. Des mesures de H2S à l’aide d’appareil Drager ont été effectuées. Il ressort que les teneurs dans l’air aux environs des cales et sur le bateau sont mesurées à zéro (0) ppm. Les mesures ont été effectuées par les agents du Ciapol. Ces derniers ont aussi effectué des mesures de la phosphine (PH3). La phosphine (PH3) est un gaz qui se dégage du phosphore d’aluminium. Le phosphore d’aluminium, précise le rapport, est un fumigent de traitement des cales de navire utilisé pour lutter contre les rats et autres ravageurs. Compte tenu de la toxicité de la phosphine, fait savoir l’équipe du Dg du Ciapol, il est recommandé que les cales, avant toute opération, soient aérées, même à des endroits où la teneur en PH3 est inférieure à 0,3 ppm. Or au-delà de 0,3 ppm, les conditions de travail deviennent dangereuses pour les travailleurs. Par ailleurs, et cela est notable, il y a eu aussi des Prélèvements de slops, ces eaux usées qui proviennent des cales et qui ont fait parler d’elles dans l’affaire des déchets toxiques. Suite à une visite du Dg du Ciapol, le capitaine du navire grec en question a été interpellé et est entendu par le commissariat du Port autonome d’Abidjan sur instruction du procureur de la République près du Tribunal de première instance du Plateau. D’autre part, M. Doh André a recommandé que des investigations plus approfondies se fassent pour déterminer les causes exactes ayant entraîné les malaises et le décès. En tout cas, selon les investigations du Ciapol, le PH3 pourrait être le facteur de l’accident qui s’est produit le 1er novembre dernier. Mais pour plus de précision, conclu le rapport du Ciapol adressé au ministère de l’Environnement et des Eaux et forêts, il est nécessaire que des mesures soient effectuées pour déterminer la teneur en humidité, sur les résidus de phosphine dans les cales et sur le riz prélevé. Cette opération sera effectuée dans l’immédiat par le laboratoire du Ciapol en collaboration avec les laboratoires de la SGS et de la SIR.
Le gouvernement se tait... Il y a donc eu mort d’homme dans cette autre affaire de bateau arrivé au Port avec des produits toxiques, qui sèment la mort dans la population. Tout comme cela s’est passé avec le navire Probo Koala. Le peu d’Ivoiriens informés de cette affaire de riz contaminé au Port, se posent des questions. Pourquoi la gestion de cette affaire-ci n’est pas pareille à celle de Probo Koala ? Quelle est la position de la direction générale (intérimaire) du port et celle des douanes vis-à-vis des autorités ? Le ministre Patrick Achi, des Infrastructures économiques et le ministre Diby, délégué à l’Economie et aux Finances, sont allés sur les lieux, dimanche 5 novembre 2006, se rendre compte des faits. Et le Ciapol, dans un rapport bien fait, a confirmé la contamination du riz par un produit de dératisation. Qu’attend donc le gouvernement pour sévir, comme ça été le cas avec les déchets toxiques ? Y a-t-il deux catégories de morts dans ce pays ? Y a-t-il des morts supérieurs et des morts inférieurs en Côte d’Ivoire ? Des gens sont morts par des produits toxiques sortis du navire Probo Koala et déversés dans les quartiers du district d’Abidjan. Mais, la dangerosité de ce produit toxique s’est limitée au district et à ses environs. Or, le riz qui est à la base de l’alimentation de tous les Ivoiriens et des populations vivant sur notre sol, est distribué sur tout le territoire national, voire au-delà de nos frontières. Il est établi que ce riz a été empoisonné et aucune des autorités n’en parle aux Ivoiriens. Que veut-on cacher ? Entretient-on volontairement ce silence pour couvrir le gouvernement ? Autant de questions que l’on se pose aujourd’hui sur cette affaire. D’autre part, l’on constate que le traitement fait aux deux Directeurs généraux suspendus des douanes et du port d’Abidjan, n’est pas celui que connaissent les deux directeurs généraux intérimaires actuels. Quelle est leur part de vérité dans cette autre affaire de bateau grec qui cause la mort ? Va-t-on les suspendre et limoger ministre des Infrastructures économiques ? Assurément, il y a là deux jugements différents à des choses analogues, c’est-à-dire qu’on fait deux poids, deux mesures. Sinon, pour une affaire aussi grave qui est celle de riz contaminé, affaire qui a éclaté depuis le 1er novembre, pourquoi veut-on continuer à cacher la vérité aux populations ? Si la primature, avec le Premier ministre Banny en tête, est restée silencieuse jusqu’à ce jour, et n’a créé aucune commission d’enquête, et qu’aucune autre autorité n’a interpellé les Directeurs généraux intérimaires des Douanes et du Port, il est temps que le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, réagisse et prenne ses responsabilités car la Douane le Port d’Abidjan, poumons de la résistance économique ivoirienne, se meurent.

Thursday, November 02, 2006

Enquête sur les déchets toxiques - Qui veut noyer le poisson ?

jeudi 2 novembre 2006 - Par Soir Info
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Les Ivoiriens qui attendent, avec beaucoup d’impatience, le résultat des enquêtes sur les déchets toxiques risquent d’être déçus. Tout se passe comme si certaines personnes ne voulaient pas de l’éclatement de la vérité sur ce scandale qui a fait, officiellement, 10 morts, 64 hospitalisés et plus de 104 000 consultations médicales. Sinon comment expliquer que plusieurs enquêtes aient été diligentées sur le plan national ? Après l’éclatement de l’affaire, le chef du gouvernement, d’un côté et le chef de l’Etat, de l’autre, ont mis en place des commissions d’enquête. La grogne était si perceptible que deux ministres de l’opposition, celui des Transports et son homologue de l’Environnement, ont été limogés. Les directeurs généraux du port et des douanes et le gouverneur du district d’Abidjan, proches du chef de l’Etat, ont, quant à eux, été suspendus de leur fonction par le Premier ministre. Cette affaire, qui a choqué la conscience nationale, a amené les autorités ivoiriennes à mettre en place deux commissions d’enquête : la magistrate Fatou Diakité a été cooptée par la Primature, quand la présidence désignait le procureur de la République, Tchimou Raymond. La première commission comprend, outre des magistrats, des membres de la société civile. Des observateurs estiment que l’idéal aurait été de mettre en place une seule commission nationale. Et ceux-là pensent à la commission présidée par Fatou Diakité qui est, apparemment, composite. Cela aurait eu le mérite, selon eux, d’éviter les interprétations qui pourraient en résulter. On se souvient que des voix s’étaient élevées pour protester contre les visites récurrentes du procureur Tchimou chez le chef de l’Etat. Elles craignaient que ces visites entachent les conclusions de l’enquête surtout que des proches du président de la République, sous le coup d’une suspension, attendent d’être rétablis. Va t-il accepter que les responsables de ces structures soient remerciés définitivement, même si leur culpabilité est établie ? C’est la grande question. Pour l’heure, l’Etat ivoirien qui a porté plainte attend d’être dédommagé. Si cette plainte aboutit, nos sources avancent la bagatelle de 500 milliards de F Cfa qui sera récoltée par la Côte d’Ivoire. Ceci expliquerait-il aussi les différentes enquêtes qui ont été diligentées ?par Sylla ARUNA